Un premier stage bluffant !

Pourtant l’expérience n’était pas gagnée d’avance.

M’enfermer une journée avec 5 personnes (consentantes certes mais cobayes à leur insu), quelques valises de fripes aux tissus pas toujours dociles, une maîtrise du fil et de l’aiguille propre à chacune, des machines plus ou moins capricieuses, sans compter un flou artistique total sur les projets qui m’attendaient…soyons honnête , je n’ai pas bien dormi la nuit d’avant.

Heureusement le soleil, l’atelier super agréable de l’asso Autour du fil, et plus que tout la décontraction et l’enthousiasme de Laurence, Laurence, Laurence (oui elles étaient trois), Annabelle, Laetitia, Chantal, Myriam, Lydie, et Marie Christine, ont eu raison de ma tourmente nocturne.

A la sauce Chèresloques, on ne découd pas, on coupe.

 

C’était bluffant.

Car ce que je regrette le plus en tant que recycleuse et créatrice c’est la lenteur à laquelle se concrétisent mes idées. Non pas que je sois inefficace, mais le casse tête mathématique  qui combine nombre de doigts par main, nombre d’idées minutes, et nombre d’heures à ne pas dépasser avant de s’écrouler sur sa machine, n’a pas d’autre résultat que la frustration. Alors imaginez le plaisir que j’ai pu prendre à voir se concrétiser sur deux journées , 9 projets :

– la veste homme d’un papa réajustée à la taille de sa fille, en valorisant des détails de l’envers sur l’endroit, à coups de plis en reliefs bien placés (Laurence);

– un pantalon imbriqué dans un autre pour en réhausser la taille, avec incrustation de poches en volume dans les découpes (Chantal);

– une cape réactualisée d’un tissu broché sur le col et les poignets (Lydie);

– deux tee-shirts à motifs combinés à un top en dentelle et aux manches d’un sous-pull pour créer un sarouel inédit (Myriam);

– un pantalon homme sur l’envers marié à une blouse de grand-mère pour une jupe portefeuille (Annabelle);

– un dos nu mixé à une robe pour passer l’hiver en tunique (Laurence);

– un sweat homme travesti en robe avec l’ajout d’un jupon en teeshirt (Marie Christine);

– une tee-shirt eighties rallongé en robe ultra confortable (Laurence);

– un pantalon jean amputé d’une jambe et doublé d’une jupe pour en faire un sac (Laetitia);

Ah !? ça vous en bouche un coin à vous aussi ! Il faut dire que les cocottes n’avaient pas froid aux yeux. Elles ont toutes joué le jeu de la création spontanée et expérimentale sans retenue et j’adore ça. Et là vous vous dites : c’est bien beau de fabriquer des vêtements Frankenstein, mais faut-il pouvoir les porter… Et bien ne vous méprenez pas, qui dit vêtement hybride ne veut pas dire  grand n’importe quoi. Chacune est repartie avec un vêtement essayé et ajusté à ses mesures et à ses goûts, avec tous les conseils et les pistes pour le terminer chez soi et le porter avec fierté devant les copines.

Le temps nous à manquer pour prendre des photos de chaque re)création, mais je compte sur chacune pour laisser ses commentaires ici même ou en privé par mail.

D’autres journées Chèresloques suivront c’est sûr, à Varades et ailleurs. Et cette fois je n’oublierai ni le café ni le sucre !

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Bien recycler, c’est trouver le bon dosage entre la création « à l’arrache » et la précision.

Se déshabiller, essayer, se réhabiller, se déshabiller, essayer, se réhabiller…

Prendre le temps de bien faire ou se laisser aller à des finitions plus brutes pour laisser place au seul plaisir de créer. Pas de jugement ni de défi autre que celui que vous vous lancez.

 

 

Personnellement j’ai une machine au bout des doigts, mais les adeptes du point main sont les bienvenues.

Non je ne fais pas que regarder et m’extasier. Pour vous dire, je n’ai même pas eu le temps de photographier chacune avec sa re)création, et je m’en mords les doigts.

Se faire oublier en tant que photographe est un art, très facilité si l’état de concentration est profond. Jugez par vous même.

 

La mode c’est tout sauf sérieux alors restons frivoles, surtout ces journées là.

 

Un grand merci à l’association Autour du fil à Varades (44) et à Jean Jacques Bernier, photographe.

 

 


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4 Comments

  1. Myriam à écrit:

    La revanche des rebuts a eu lieu ce jour là!
    Et grâce à cette journée je porte « notre » sarouel avec fierté. J’étais déjà une adepte du recyclage, du détournement mais je suis, aujourd’hui, encore plus déterminée.
    Depuis je travaille sur la transformation d’un pull (non vendu, lors de mon vide grenier) pour le porter avec « notre » sarouel.

    MERCI Christelle et aussi à l’association « Autour du fil ».

    • Christelle pour Chèresloques à écrit:

      Et bien d’après ce que je lis, si vous traînez dans les fonds de placard, planquez vous, vous n’êtes plus à l’abri des coups de ciseaux…

  2. Laurence à écrit:

    Bluffant oui ça l’était!
    C’était une journée très agréable avec des personnes fort agréables aussi et une réalisation que j’étais persuadé de ne pas terminer vu ma rapidité et mon expérience assez médiocre de la couture. Eh bien je l’ai terminé et je suis reparti avec des idées et des envies plein la tête. Il ne me restait plus qu’à « décorer » ma robe, alors dès que j’ai fini je t’envoie la photo… Merci à toi merci à vous toutes…

    • Christelle de Chèresloques à écrit:

      Alors ça, ça fait chaud au coeur, surtout venant d’une personne qui est plutôt rodée à ce genre de journées. D’ailleurs j’espère que le contact avec Annabelle pour intervenir en hôpital à Nantes va aboutir sur du concret, car si en plus d’une robe tu sortais de ce « stage » (je n’aime pas ce terme mais jusque là je n’ai rien trouvé d’autre), avec des heures de cours à donner, ça serait une réussite ++++ !

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